Procès du braconnier du lynx des Molunes : récit de l'audience

Lynx des Molunes TGI Lons le Saunier

Photo © Rémi Gindre pour FERUS

Le 8 juillet à Lons-le-Saunier (Jura) s’est tenu le procès de Louis Simplet, accusé d’avoir tué un lynx au cours d’une battue. Rémi Gindre, membre du CA de Ferus et correspondant en Franche Comté a assisté à l’audience. Il nous en fait le récit.

LA MORT DU LYNX DES MOLUNES (JURA) / AUDIENCE AU PALAIS DE JUSTICE DE LONS LE SAUNIER LE 8 JUILLET.

Une vingtaine de chasseurs de l’ACCA des Molunes (Haut Jura à plus de 1100m d’altitude) étaient venus, par leur présence, soutenir leur ancien président M. Louis Simplet accusé d’avoir tué un lynx, espèce protégée, le 2 octobre 2010, sur le témoignage de deux chasseurs de ladite société qui ont déclaré avoir vu le lynx mort. Ensuite le cadavre a disparu et n’a jamais été retrouvé, à part une touffe de poils.

M. Simplet n’a jamais avoué avoir tué de lynx mais seulement tiré un coup de fusil en l’air dans le bois pour séparer les chiens et le lynx. Selon lui, ce dernier serait mort à la suite de son combat avec les chiens.

Son défenseur, Me Puthod, avocat à Bonneville, avait défendu le chasseur accusé d’avoir tué un loup dans le secteur Entremont-Petit Bornand en Haute Savoie.

Les associations de Protection de la Nature avaient rassemblé 25 membres dont 3 sociétaires Ferus.

Se sont portées parties civiles :

– FERUS représenté par Me Richard avocat au barreau de Marseille venant à titre bénévole comme membre de FERUS, demandant 10 000 € de dommages et intérêts.

– L’ASPAS également représentée par Me Richard.

– La Fédération Départementale des Chasseurs du Jura représentée par Me Flavoulet.

– Le Pôle Grand Prédateur, Jura Nature Environnement, la LPO Franche Comté, FNE Franche Comté, le Centre Athénas, la CREPESC, tous défendus par M. Hugommot, simple juriste bénévole de FNE : mais en plus de ce dernier, MM Raydellet, Maillard, Cretin , et Moyne sont venus déposer leur requête devant la présidente demandant de 2500 à 10 000 € suivant les associations.

– La Fondation Brigitte Bardot représentée par Me Lemaître demandant 1 000€.

M. Simplet a d’abord été interrogé à la barre par la Présidente Mme Casanova, ancien juge d’instruction, pendant plus d’une heure, répondant d’une voix calme sans s’énerver, mais sans jamais avouer avoir tué le lynx.

A l’audience le prévenu a changé sa version des faits et son système de défense pour atténuer la rigueur du tribunal.

Contrairement à ses premières déclarations ( enquête de la Gendarmerie) il a reconnu avoir vu le lynx mort à ses pieds et l’avoir transporté et enterré  pour « protéger son association de chasse ».

Le Procureur, M. Miansoni, a requis contre M. Simplet quatre mois de prison avec sursis et trois ans d’interdiction de chasser se rajoutant à l’année d’interdiction à la suite de sa condamnation pour le braconnage d’un chevreuil.

Me Richard a plaidé :

-d’abord en s’adressant à la Présidente: « les nouvelles déclarations du prévenu qui a changé son fusil d’épaule ne sont pas plus plausibles que les premières; le prévenu a répondu à côté à vos questions ; il n’a pas avoué avoir tiré le lynx ni dit où il avait enterré son cadavre ».

-ensuite en se tournant vers M Simplet : « vous n’avez le courage d’assumer vos actes, vous n’avez pas respecté le code de déontologie de la Chasse, et n’avez manifesté aucun remord  alors que le chasseur Marquèze tueur de l’Ourse Cannelle avait pleuré en regrettant son tir ».

Me Favoulet a considéré le tir d’une espèce protégé comme un acte qui mérite une lourde sanction, que M Simplet était un braconnier récidiviste ( PV juste après l’affaire du lynx pour tir illicite d’un chevreuil) et qu’il portait gravement atteinte à l’image de marque de la chasse dans l’opinion.

Dans sa plaidoirie Me Puthod a ironisé sur le nombre des associations se portant partie civile se demandant quel intérêt avait dans cette affaire de lynx, la CREPESC , Commission Régionale de Protection des Eaux.

La Présidente a prononcé un délibéré jusqu’au 2 septembre et levé la séance vers 18 heures, après 2heures et demi d’audience.

Rémi Gindre

Photo prise à l’audience du 8 juillet à Lons le Saunier (Jura). On y distingue la Présidente Mme Casanova, assise au fond, à droite au premier plan  M° Puthod avocat du prévenu Louis Simplet.

Retour sur l’affaire :

Affaire du braconnage du lynx des Molunes : le prévenu reconnait avoir menti (11/07/11)

– Braconnage de lynx dans le jura : le suspect a été mis en examen (7/01/11)

– Braconnage de lynx dans le Jura : un suspect identifié (28/12/10)

– Lynx tué au cours d’une battue dans le Jura : FERUS porte plainte(16/12/10)

3 commentaires pour Affaire braconnage du lynx des Molunes : récit de l’audience

  • didier

    Je pense que l’amende demandée n’est pas assez dissuasive.
    De plus l’interdiction de chasser devrait être définitive puisqu’en plus cet homme est semble t’il un récidiviste avec le cas du chevreuil.
    Je crois qu’en général les condannations devraient être plus sévères.

  • ELICEIRY

    DEJA IMPLIQUE DANS PLUSIEURS AFFAIRES,JE TROUVE QUE LA PEINE EST BIEN LEGERE

    JE SUIS TOUT A FAIT D’ACCORD AVEC DIDIER

    RAYMONDE

  • PEINE BIEN LEGERE POUR LES DIVERS DELITS COMMIS
    L’AMENDE DEVRAIT ETRE PLUS IMPORTANTE PÖUR ETRE PLUS DISSUASIVE