Ensemble, disons NON à l'effarouchement de l'ours Goiat !

L’ours Goiat

Goiat arrêté par des moyens de protection autour d’un rucher. ONCFS, capture d’écran vidéo

Mise à jour du 4 juin 2019 :

C’est au tour du préfet de l’Ariège de prendre un arrêté contre l’ours Goiat. En Ariège aussi, Goiat n’est pas un ours à problèmes !

Pour participer à la consultation (jusqu’au 14 juin), c’est ==>> ICI (les arguments à reprendre sont les mêmes que pour l’arrêté des Hautes-Pyrénées, voir ci-dessous).

Article du 22 mai 2019 :

La Préfecture des Hautes-Pyrénées consulte le public sur son projet d’effaroucher l’ours Goiat.

Les associations FERUS & Pays de l’Ours – Adet appellent toutes les personnes favorables à la protection de l’ours dans les Pyrénées à s’exprimer contre, en commençant leur texte par : « Non, l’expertise de l’ONCFS ne démontre pas que l’ours Goiat est un ours à problème. Je suis contre son effarouchement et pour la mise en place de moyens de protection efficaces. » et à personnaliser leur message avec les arguments qui leur tiennent à cœur.

Voici quelques éléments et arguments utilisables :

  • OUI, les associations ont validé le protocole ours à problème. Mais NON, Goiat n’est pas un ours à problème.

Les prédations qui lui sont reprochées se sont toutes déroulées de nuit, alors que le troupeau était mal protégé (clôtures non-électrifiées, chiens de protection trop jeunes pour être efficaces …)

  • OUI, Goiat commet des prédations, mais NON, contrairement à ce que prétend l’arrêté, Goiat ne présente pas, à ce jour, un comportement familier. Les prédations se sont déroulées à quelques centaines de mètres de bâtiments, mais de nuit et en l’absence de présence humaine. Les termes employés dans l’arrêté sont donc tout à fait abusifs et inexacts.
  • OUI, la seule solution est la mise en place de moyens de protection efficaces. Donc NON, nous n’acceptons pas l’effarouchement de cet ours. Ce serait un effarouchement inutile, inefficace, contre-productif et probablement illégal.

Le sous-équipement en moyens de protection du secteur Barousse-Louron-Saint Lary a pu entraîner une accentuation du comportement naturellement opportuniste de cet ours. Il devient urgent de généraliser des moyens de protection correctement dimensionnés. Ce point devient obligatoire de toutes façons pour déclencher des indemnisations, suivant l’UE. D’autant que d’autres ours ont commis des prédations dans cette zone avec la même facilité : le déficit persistant en moyens de protection pourrait entraîner un renforcement du comportement prédateur de certains ours par opportunisme, et la solution n’est pas de les effaroucher.

Or, les moyens de protection correctement dimensionnés sont efficaces vis-à-vis de Goiat :

  • La mise en place de clôtures électriques a suffi pour faire cesser toute prédation de Goiat sur ruchers, comme en témoigne cette vidéo ICI.

C’est également souligné par l’ONCFS dans son rapport 2017. Voir ICI  (pages 15 & 36)

  • L’éleveur de Ris n’avait pas eu de prédation jusqu’à la regrettable euthanasie de son chien de protection : ce qui montre qu’un chien expérimenté peut être efficace contre Goiat.
  • On remarquera que les protections en place justifiant pour le préfet le conditionnement aversif de l’ours Goiat sont loin d’être à niveau : clôtures ou parcs non électrifiés, et chiens de protection en cours d’éducation.

 

Il est encore une fois regrettable qu’il n’y ait aucune anticipation vis-à-vis de l’équipement en moyens de protection, tout va se réaliser dans l’urgence, ce qui est la pire des méthodes.

Enfin, il ne faudrait pas que cet épisode soit les prémices d’une quasi-généralisation de ce type de mesures dans un cadre assoupli, comme le laisse penser la feuille de route ours et pastoralisme proposée par le Préfet d’Occitanie en mars 2019. En l’absence de protections réellement opérationnelles, comme c’est le cas présentement, ces mesures seraient illégales et pourraient faire l’objet de recours juridiques.

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