Grands prédateurs en Suisse : entente entre les défenseurs de la nature, éleveurs et chasseurs

Grands prédateurs en Suisse : entente entre les défenseurs de la nature, éleveurs et chasseurs

© V.Vignon
Actus internationales Actus loup Actus lynx Actus ours Toute l'actualité
Loup de lignée italienne © V.Vignon

Les associations WWF, Pro Natura, la Fédération suisse d’élevage ovin et ChasseSuisse sont parvenues à un compromis ! Le retour du loup dans le milieu des années 90, du lynx dans les années 70 et de l’ours depuis 2005 en Suisse, était jusqu’alors source de conflits entre les quatre organisations. Après un long processus de concertation débuté en 2010, les quatres organisations ont présenté le 8 mai une convention commune sur la politique des grands prédateurs.

Les discussions, arbitrées par  l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), ont été âpres et laborieuses en raison des divergences d’opinions qui persistent entre les amis de la nature et les éleveurs. Elles ont finalement abouti à un certain nombre de principes communs concernant la politique des grands prédateurs.

« Nous aurions pu continuer à nous disputer, mais ça ne nous menait nulle part », a expliqué Kurt Eichenberger du WWF Suisse.

Les quatre organisations reconnaissent donc le retour du loup, du lynx et de l’ours comme étant un processus naturel, de même que la constitution de populations de ces espèces en Suisse. Des tirs de régulation ne sont pas exclus, à condition qu’ils ne mettent pas en danger les effectifs de ces espèces.

En cas de dégâts sur les troupeaux, le tir des individus occasionnant des dommages reste possible conformément aux concepts en vigueur. Mirjam Ballmer (Pro Natura) a indiqué que le pilier central de la stratégie adoptée est le développement de la protection des troupeaux. Pour cela, les éleveurs, via German Schmutz, président de la Fédération suisse d’élevage ovin, se sont engagés à prendre des mesures raisonnables : le pâturage tournant, des chiens de protection, la surveillance du troupeau par un berger ou l’utilisation de clôtures.

Certains désaccords persistent, notamment sur l’adoption de l’ordonnance de la chasse, ce thème n’a d’ailleurs pas été encore débattu. Malgré tout, les quatre organisations ont privilégié la recherche de « point communs où des compromis peuvent être trouvés ».

Source : Amis de la nature et éleveurs collaborent face aux grands prédateurs, Le Matin (8/05/12)

Lire aussi :

Suisse : premier ours filmé dans les Grisons (avril 2012)

Suisse : Jean-René Fournier condamné pour l’abattage illégal d’un loup (décembre 2011)

9 commentaires sur “Grands prédateurs en Suisse : entente entre les défenseurs de la nature, éleveurs et chasseurs”

l’espoir, c’est tout ce qu’il nous reste, et j’espére que cette initiative réussira et qu’elle sera à l’origine de beaucoup d’autres, merci aux différents protagonistes.

Je cite:

« « Nous aurions pu continuer à nous disputer, mais ça ne nous menait nulle part », a expliqué Kurt Eichenberger du WWF Suisse.

Les quatre organisations reconnaissent donc le retour du loup, du lynx et de l’ours comme étant un processus naturel, de même que la constitution de populations de ces espèces en Suisse. DES TIRS DE REGULATION ne sont pas exclus, à condition qu’ils ne mettent pas en danger les effectifs de ces espèces.

En cas de dégâts sur les troupeaux, le tir des individus occasionnant des dommages reste possible conformément aux concepts en vigueur. »

Le WWF confirme là ce que Nicolino écrit sur lui dans son livre « Qui a tué l’écologie? ».
Je parie que cet « accord » n’empêchera pas le braconnage, surtout si la population de loups continue d’augmenter dans les Alpes.
C’est scandaleux.

« Scandaleux » a dit Ugatza.
Oui, mais incontournable, si l’on souhaite réellement que ces animaux survivent dans la société moderne qui nous abrite tous.
Celle qui est appréciée par le plus grand nombre d’entre nous !!!
Un dilème se pose à nous :
accepter ces compromis ou s’accrocher à nos convictions les plus profondes.
Réfléchissons bien sur les concéquences de nos choix.
En fait la réflexion est plus simple, c’est accepter que les chasseurs puissent réguler les grands prédateurs et donc, voir vivre ces animaux ou accepter de les voir tout simplement disparaitre, à plus ou moins long terme.
Mon choix est fait, même si cela m’ennuis d’avoir à prendre cette option.

Pourquoi incontournable?
L’association FERUS a-t-elle pris la même position?
Non.
Et rien n’indique, ne te déplaise, et si j’en crois ce que Sandrine Andrieux a écrit récemment, que FERUS s’engage dans la régulation des loups qui est un TERME ABSENT de la Convention de Berne et de de la Directive Habitats… 🙂

C’est important la Loi, dans la société moderne qui nous abrite « tous ».
Là, le WWF et les Suisses sont en dehors des clous.

Tu reprends seulement et benoîtement une revendication du lobby des chasseurs dont tu n’oses dire que tu fais partie.
Ne prends pas tes désirs pour la réalité.
L’élevage en montagne et la chasse sont bien plus près de disparaître que les loups.

Je me languis de lire « qui à tué l’écologie? » pour y trouver de quoi se positionner sur le sujèt « pur ou compromis ».
Je crois qu’Ugatza à raison sur le point que les défenseurs du loup n’ont qu’à plaider la protection totale du loup en non pas (comme Eva Joly, ou Didier) de proposer d’emblée le compromis des tirs de régulation. Par contre, si dans une discussion multipartite en Suisse, je crois qu’il ne faut pas non plus mitrailler les défenseurs s’ils arrivent à un compromis. La régulation (qui reste à définir et surveiller, année après année), n’est pas le classement en nuisible, non plus la porte ouverte à l’extermination.
Un peu caricatural, je dirai que c’est aux divers lobby’s d’ être clair (pur) dans leur revendications et que c’est au politiques de trouver le compromis qui reflête l’opinion moyenne de la société.
Autre image du genre, PS et UMP se sont tellement dilué au centre, qu’il n’y a plus de place pour Bayrou et que ni Mélenchon, ni Le Pen appellent de voter à gauche ou à droite. Même style pour Greenpeace et WWF, qui ont vendu leur âme, faut des Ferus pur derrière.
Après, Ugatza, refouler Didier dans le camp des chasseurs et réduire moi même à un adepte de Moriceau sans plus, je trouve dommage. Surtout qu’avec mon exposé ci-dessus, je suis censé de crier comme éleveur à l’extermination du loup et ça j’ai pas envie – protection totale non plus.

PS 1) « la régulation » est absente dans la convention de Berne, mais le tir d’individu’s qui posent problème y est (à condition de ne pas mettre en danger la survie de l’espèce).
PS 2) tant qu’il y a des fusils et des loups, il y aura des tirs de loups. Par ce biais, une loi de protection du loup définit son bracconnage, mais ne va pas le limiter.
PS 3) à mon avis, ni l’élevage de montagne, ni la chasse, ni les loups sont près de disparaître.

1) Dans »Qui a tué l’écologie? », tu ne trouveras rien concernant la pureté, mais beaucoup d’informations expliquant très rationnellement et matériellement les évolutions de certaines grandes associations.
Personne ne dit qu’elles sont passées d’intentions INITIALES qui auraient été pures et idéalistes à des positions à des positions impures.
Il est par contre très bien expliqué comment et pourquoi, l’objet de ces associations est de plus en plus « oublié ».

2) La régulation n’est pas à définir. Ce mot a un sens précis. Il s’applique à des espèces chassables ou nuisibles.
La régulation est une forme de gestion permanente, alors que la Convention de Berne ne prévoit que des exceptions, du « cas par cas ».
Tous ceux qui parlent de régulation pour le Loup sont donc hors de la Convention de Berne.
La France a signé ce traité.
Quelle est « l’opinion moyenne » de la société à propos du Loup?
C’est celle de la Loi et la Loi, c’est la Convention de Berne.
Ne la confonds pas avec la tienne.
Que ça te plaise ou non.

Tu ne cries pas directement à l’extermination du Loup: tu sais que c’est impossible.
Mais tu penses (comme d’autres) pouvoir y arriver pourtant en t’y prenant par étapes. L
a régulation est la DEUXIEME étape (après les tirs dérogatoires à la tête du client et les tirs de défense).
Après il y aura le classement en gibier, et finalement en nuisible ( dame, c’est qu’il fait des dégâts, comme un vulgaire renard!).
Encore une fois: les Espagnols ont 2000 loups (population à peu près stable) et ne le régulent pas. Et toi, tu parles de régulation pour 200 loups.
Et tu agites la peur du Loup.
Quelles conclusions peut-on en tirer?
200 loups c’est déjà trop pour toi.

Plompen Werner a écrit:
« PS 2) tant qu’il y a des fusils et des loups, il y aura des tirs de loups. Par ce biais, une loi de protection du loup définit son bracconnage, mais ne va pas le limiter.
PS 3) à mon avis, ni l’élevage de montagne, ni la chasse, ni les loups sont près de disparaître. »

Pour PS2, bien sûr.
Tu prétends qu’on peut agir contre le braconnage en limitant le nombre de loups.
Je prétends que c’est faux car la régulation serait dans le contexte français, une légalisation (incitatrice au braconnage) du braconnage. En effet, la « régulation » du Loup est présentée comme la SOLUTION à un problème posé par le Loup lui-même, alors que nous savons TOUS que le problème est seulement dans la tête de ceux qui veulent tuer des loups.
Les dégâts sont minimes et compensés, ils sont évitables en grande partie par les moyens que je ne vais rappeler ici.

La véritable cause est dans la haine de la faune sauvage, les préjugés et la volonté de dominer qui existent dans les têtes des éleveurs (nous entretenons la nature) et des chasseurs (nous sommes un facteur d’ordre contre le chaos et un rempart contre la hardiesse des fauves).

Pour régler un problème c’est sur ses causes vraies qu’il faut agir….et non sur des boucs émissaires.
Donc, on peut limiter le nombre de fusils (puisque « tant qu’il y a des fusils et des loups, il y aura des tirs de loups ») en mettant à l’ombre pour une durée dissuasive et en sanctionnant beaucoup plus sévèrement tout contrevenant à la protection du Loup.
En renforçant les forces de contrôle ainsi que leur indépendance.
On pourrait créer un observatoire des effets de la chasse sur la biodiversité, qui ferait un « audit » annuel qui servirait de base à une taxation qui servirait à renforcer le renforcement de ce corps de gardes…

Pour PS3:
Le nombre d’éleveurs en montagne diminue, celui des chasseurs aussi.
Le nombre de loups augmente, lui.
D’ailleurs, c’est lié: la déprise agricole favorise la reforestation et les populations de grands ongulés SAUVAGES dont dépend le Loup.
🙂

On peut même faire remarquer que l’autorisation de la chasse d’une espèce ne fait pas pour autant cesser le braconnage.
Prenons le cas du cerf, par exemple.
Voilà une espèce gibier, soumise à plan de chasse.
Hé ben…son braconnage se porte bien, merci.

http://www.leparisien.fr/oise/des-cerfs-decapites-par-les-braconniers-05-12-2006-2007566169.php

Ce « marché » passé avec les chasseurs (et proposé par Didier et Plompen Werner) serait un marché de dupes, un attrape-couillons, comme on dit chez moi.
Mieux vaut, contre le braconnage, la hauteur du mur de la défense du statut d’espèce protégée.

Bonjour,

Aujourd’hui c’est l’été …. et il pleut à Marseille .. Que du bonheur et qu’il continue à pleuvoir .. tout- redevient normal enfin et les loups reviennent aussi. Je n’avais pas trop le moral ce matin alors j’ai ouvert votre newsletter et après avoir lu quelques bonnes nouvelles comme celle du retour du loup un peu partout eh bien ça va beaucoup mieux; MERCI à toute votre équipe qui nous tient en éveil en nous tenant informés de tout ce qui touche les espèces en danger; De mon côté, je n’ai que 5 chats et un souriceau mais quand je suis avec eux, je pense à tous les autres (je pense aux humains en détresse aussi tout de même).
Bon sur ces bonnes paroles humides (il tombe des gouttes ici), je vous souhaite une bonne journée et surtout plein de courage ;;;on est tous là avec vous;

Marie-Laure


Les commentaires sont fermés.